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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/215

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l’Europe, et avec l’Europe le globe terrestre, étaient à plus de quatre-vingts millions de lieues de l’île Gourbi. Conséquemment, l’espérance d’y jamais retourner devait être à peu près abandonnée.

« Allons donc ! s’écria l’ordonnance. Plus souvent ! Laurent, dit Ben-Zouf, de Montmartre, ne pas revoir Montmartre ! Des bêtises, mon capitaine, sauf votre respect, des bêtises ! »

Et Ben-Zouf secouait la tête en homme qu’il serait absolument impossible de convaincre.

« Bien, mon brave, répondit le capitaine Servadac. Espère tant que tu voudras ! Il ne faut jamais désespérer. C’est même la devise de notre correspondant anonyme. Mais commençons par nous installer sur l’île Gourbi, comme si nous devions y demeurer toujours. »

Tout en causant, Hector Servadac, précédant le comte Timascheff et le lieutenant Procope, s’était rendu au gourbi, relevé maintenant par les soins de Ben-Zouf. Le poste était aussi en bon état, et Galette et Zéphyr y étaient pourvus de bonne litière. Là, dans cette modeste cabane, Hector Servadac offrit l’hospitalité à ses hôtes, ainsi qu’à la petite Nina, que sa chèvre avait accompagnée.

Pendant la route, l’ordonnance avait cru pouvoir disposer, en faveur de Nina et de Marzy, de deux gros baisers que ces êtres caressants lui avaient rendus de bon cœur.

Puis, un conseil fut tenu dans le gourbi, sur ce qu’il convenait de faire tout d’abord.