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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/189

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En cet endroit, à l’extrême surprise, mais aussi à l’extrême satisfaction des explorateurs, une étroite coupée fendait l’énorme falaise du haut en bas. À sa base, au niveau de la mer s’étendait une petite grève, sur laquelle un canot devait facilement atterrir.

« Enfin, nous pourrons débarquer ! » s’écria le capitaine Servadac, qui n’était plus maître de lui.

Il n’y avait, d’ailleurs, aucune instance à faire près du comte Timascheff pour l’entraîner sur le nouveau continent. Le lieutenant Procope et lui étaient aussi impatients que le capitaine Servadac de prendre terre. Peut-être en gravissant les talus de cette coupée, qui, de loin, ressemblait au lit raviné d’un torrent, parviendraient-ils à s’élever jusqu’à la crête de la falaise, et trouveraient-ils un large rayon de vue, qui, à défaut du territoire français, leur permettrait d’observer cette région bizarre.

À sept heures du matin, le comte, le capitaine et le lieutenant débarquaient pour la première fois, ils retrouvèrent quelques échantillons de l’ancien littoral. C’étaient ces calcaires agglutinés, de couleur jaunâtre, dont les rivages provençaux sont le plus généralement semés. Mais cette étroite grève — évidemment un morceau de l’ancien globe — mesurait à peine quelques mètres de superficie, et, sans s’y arrêter, les explorateurs s’élancèrent vers le ravin qu’ils voulaient franchir.

Ce ravin était à sec, et même il était facile de voir