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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/188

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même disposition de roches, et que ce cadre uniforme était sorti d’un moule unique.

La Dobryna, chauffant à tous feux, marcha rapidement vers l’est. Le temps se maintenait au beau. L’atmosphère, singulièrement refroidie déjà, était moins propre à se saturer de vapeurs. À peine quelques nuages, rayant l’azur du ciel, formaient-ils çà et là des cirrhus presque diaphanes. Pendant le jour, le disque amoindri du soleil projetait-de pâles rayons qui ne donnaient plus aux objets qu’un relief incertain. Pendant la nuit, les étoiles brillaient avec un éclat extraordinaire, mais certaines planètes s’affaiblissaient dans l’éloignement. Il en était ainsi de Vénus, de Mars et de cet astre inconnu, qui, rangé dans l’ordre des planètes inférieures, précédait le soleil, tantôt à son coucher, tantôt à son lever. Quant à l’énorme Jupiter, au superbe Saturne, leur éclat augmentait au contraire, par ce motif que Gallia s’en rapprochait, et le lieutenant Procope montra, visible à l’œil, cet Uranus qui, autrefois, ne se laissait pas voir sans l’aide d’une lunette. Gallia gravitait donc, en s’éloignant de son centre attractif, à travers le monde planétaire.

Le 24 février, après avoir suivi la ligne sinueuse que formait, avant le cataclysme, la lisière du département du Var, après avoir vainement cherché trace des îles d’Hyères, de la presqu’île de Saint-Tropez, des îles de Lérins, du golfe de Cannes, du golfe Jouan, la Dobryna arriva à la hauteur du cap d’Antibes.