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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/172

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« Eh bien, monsieur le comte ? demanda le capitaine Servadac, quant à cette nouvelle orbite ?...

— Quelle est ton opinion à ce sujet, Procope ? répondit le comte en s’adressant au lieutenant.

— Père, répondit Procope, il n’y a pas deux manières d’expliquer le changement d’orbite, il n’y en a qu’une, une seule !

— Et c’est ?... demanda le capitaine Servadac avec une vivacité singulière, comme s’il eût pressenti ce qu’allait répondre le lieutenant.

— C’est, reprit Procope, d’admettre qu’un fragment s’est détaché de la terre, emportant une portion de l’atmosphère, avec lui, et qu’il parcourt le monde solaire en suivant une orbite qui n’est plus l’orbite terrestre. »

Après cette explication si plausible, le comte Timascheff, le capitaine Servadac, le lieutenant Procope restèrent silencieux pendant quelques instants. Véritablement atterrés, ils réfléchissaient aux conséquences incalculables de ce nouvel état de choses. Si, réellement, un énorme bloc s’était détaché du globe terrestre, où allait-il ? Quelle valeur attribuer à l’excentricité de l’orbe elliptique qu’il suivait maintenant ? À quelle distance du soleil serait-il entraîné ? Quelle serait la durée de sa révolution autour du centre attractif ? S’en irait-il comme les comètes pendant des centaines de millions de lieues à travers l’espace, ou serait-il ramené bientôt vers la source de toute chaleur et de