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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/162

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l’évidence. L’Angleterre a certainement une grande part dans le désastre. Non-seulement l’île de Malte n’existe plus, mais un continent nouveau a complètement fermé le fond de la Méditerranée. Sans un étroit passage qui rompt en un seul point la ligne de son littoral, nous n’aurions jamais pu arriver jusqu’à vous. Il est donc malheureusement avéré que, s’il ne reste plus rien de Malte, il ne reste que bien peu de chose des îles Ioniennes, qui, depuis quelques années, sont précisément rentrées sous le protectorat anglais !

— Et je ne crois pas, ajouta le capitaine Servadac, que le lord haut commissaire, votre chef, qui y résidait, ait eu lieu de se féliciter du résultat de ce cataclysme !

— Le haut commissaire, notre chef ?… répondit le brigadier Murphy, qui eut l’air de ne pas comprendre ce qu’on lui disait.

— Pas plus que vous n’avez eu à vous féliciter, d’ailleurs, reprit le capitaine Servadac, de ce qui vous est resté de Corfou.

— Corfou ?… répondit le major Oliphant. Monsieur le capitaine a bien dit Corfou ?

— Oui ! Cor-fou, » répéta Hector Servadac.

Les deux Anglais, vraiment étonnés, restèrent un instant sans répondre, se demandant à qui en avait l’officier français, mais leur surprise fut encore plus grande, lorsque le comte Timascheff voulut savoir s’ils avaient reçu récemment des nouvelles de l’Angleterre,