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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/146

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vent rien contre les règlements militaires. Vous et vos hommes, vous ferez vos quatre repas, à une heure et demie d’intervalle chacun. L’Angleterre est assez riche pour se conformer aux lois de l’univers quand le règlement l’exige ! ajouta le major, qui s’inclina légèrement vers le brigadier Murphy, heureux d’approprier à un fait nouveau la phrase de son supérieur.

— Hurrah ! » redirent les dix soldats, en accentuant un peu plus cette seconde manifestation de leur contentement.

Puis, tournant sur leurs talons, le caporal Pim en tête, ils quittèrent au pas réglementaire la chambre des deux officiers, qui reprirent aussitôt leur partie interrompue.

Ces Anglais avaient raison de compter sur l’Angleterre, car l’Angleterre n’abandonne jamais les siens. Mais, sans doute, elle était, fort occupée en ce moment [1], et les secours, si patiemment attendus, d’ailleurs, n’arrivèrent pas. Peut-être, après tout, ignorait-on dans le nord de l’Europe ce qui s’était passé dans le midi.

Cependant, quarante-neuf des anciens jours de vingt-quatre heures s’étaient écoulés depuis cette mémorable nuit du 31 décembre au 1er janvier, et aucun navire anglais ou autre n’avait paru à l’horizon. Cette

  1. Émerveillée du succès de la mer saharienne, créée par le capitaine Roudaire, et ne voulant pas être en reste avec la France, l’Angleterre fondait une mer australienne au centre de l’Australie.