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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/144

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ne s’étaient pas autrement préoccupés des phénomènes cosmiques. Pour être véridique, il faut ajouter, cependant, que l’un de ces phénomènes provoqua deux réclamations de leur part.

En effet, trois jours après la catastrophe, le caporal Pim, se faisant l’interprète de ses hommes, avait demandé une entrevue aux deux officiers.

L’entrevue ayant été accordée, Pim, suivi des neuf soldats, entra dans la chambre du brigadier Murphy. Là, la main au bonnet d’ordonnance campé sur son oreille droite et retenu au-dessous de la lèvre inférieure par la jugulaire, étroitement sanglé dans sa veste rouge et flottant dans son pantalon verdâtre, le caporal attendit le bon plaisir de ses chefs.

Ceux-ci interrompirent leur partie d’échecs.

« Que veut le caporal Pim ? demanda le brigadier Murphy, en relevant la tête avec dignité.

— Faire une observation à mon brigadier, relativement au payement des hommes, répondit le caporal Pim, et en faire une seconde à mon major, relativement à leur nourriture.

— Que le caporal produise sa première observation, répondit Murphy en approuvant du geste.

— C’est par rapport à la solde, Votre Honneur, dit le caporal Pim. Maintenant que les jours ont diminué de moitié, est-ce que la solde diminuera dans la même proportion ? »

Le brigadier Murphy, pris à l’improviste, réfléchit