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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/142

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ques milliers de lieues de leur pays, et, très-aptes à coloniser, ils coloniseront la lune, — le jour où ils pourront y planter le pavillon britannique.

Le cataclysme, qui avait si profondément modifié une portion du globe terrestre, s’était accompli, il faut bien le dire, sans avoir procuré un étonnement immodéré ni au major Oliphant ni au brigadier Murphy, deux types véritablement exceptionnels. Ils s’étaient trouvés tout d’un coup isolés avec onze hommes sur un poste qu’ils occupaient au moment de la catastrophe, et, de l’énorme rocher où plusieurs centaines d’officiers et de soldats étaient casernes avec eux la veille, il ne restait plus qu’un étroit îlot, entouré par l’immense mer.

« Aoh ! s’était contenté de dire le major. Voici ce qu’on peut appeler une circonstance particulière !

— Particulière, en effet ! avait simplement répondu le brigadier.

— Mais l’Angleterre est là !

— Toujours là.

— Et ses vaisseaux viendront nous rapatrier ?

— Ils viendront !

— Restons donc à notre poste.

— À notre poste. »

D’ailleurs, les deux officiers et les onze hommes auraient eu quelque peine à quitter leur poste, quand même ils l’eussent voulu, car ils ne possédaient qu’un simple canot. De continentaux qu’ils étaient la veille,