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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/129

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— Vous entendez, capitaine ? » dit le comte Timascheff en se tournant vers Hector Servadac.

Celui-ci, quelque désir qu’il eût de se rapprocher de la province d’Oran et de revoir Ben-Zouf, trouva l’observation du lieutenant très-juste. La brise d’ouest fraîchissait, et, à lutter contre elle, la Dobryna ne pouvait faire une route rapide, tandis que, vent sous vergues, elle devait avoir promptement rallié la côte égyptienne.

Le cap fut donc mis à l’est. Le vent menaçait de passer au grand frais. Heureusement, la longue houle courait dans le même sens que la goëlette, et les lames ne déferlaient pas.

Depuis une quinzaine de jours, on avait pu constater que la température, qui avait singulièrement diminué, ne donnait plus qu’une moyenne de quinze à vingt degrés au-dessus du zéro thermométrique. Cette décroissance, qui était progressive, était due à une cause toute naturelle, c’est-à-dire à l’éloignement croissant du globe sur sa nouvelle trajectoire. Aucun doute ne pouvait exister à cet égard. La terre, après s’être approchée de son centre attractif jusqu’à dépasser l’orbite de Vénus, s’en éloignait graduellement et en était plus distante alors qu’elle ne l’avait jamais été autrefois dans ses positions périgéennes. Il semblait que, au 1er février, elle fût revenue à trente-huit millions de lieues du soleil, ainsi qu’elle l’était au 1er janvier, et que, depuis lors, son éloignement se fût accru d’un