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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/122

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Servadac, qui n’avait pas quitté le pont, craignait à chaque instant que la faible lueur ne vînt à s’éteindre. Mais elle continua de briller dans l’ombre comme brille un feu de second ordre à l’extrême limite de sa portée.

« Et toujours à la même place ! fit observer le lieutenant Procope. On peut donc en conclure, avec grande probabilité, que c’est une terre que nous avons en vue, et non pas un navire. »

Au soleil levant, toutes les lunettes du bord étaient braquées vers le point qui avait paru lumineux pendant la nuit. La lueur s’évanouit bientôt sous les premiers rayons du jour ; mais, à sa place, apparut, à six milles de la Dobryna, une sorte de rocher singulièrement découpé. On eût dit un îlot isolé au milieu de cette mer déserte.

« Ce n’est qu’un rocher, dit le comte Timascheff, ou plutôt c’est le sommet de quelque montagne engloutie ! »

Cependant, il importait de reconnaître ce rocher, quel qu’il fût, car il formait un dangereux récif dont les bâtiments devraient se méfier à l’avenir. Le cap fut donc mis sur l’îlot signalé, et, trois quarts d’heure plus tard, la Dobryna n’en était plus qu’à deux encablures.

Cet îlot était une sorte de colline, aride, dénudée, abrupte, qui ne s’élevait que d’une quarantaine de pieds au-dessus du niveau de la mer. Aucun semis de