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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/107

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— Et vous en concluez ?... demanda le capitaine Servadac.

— Qu’il n’y a pas chute, répondit le lieutenant Procope. En effet, voilà plus d’un mois déjà que son orbite a été modifiée, et, cependant, c’est à peine si le globe terrestre a dépassé celle de Vénus. Il ne s’est donc rapproché du soleil, dans ce laps de temps, que de onze millions de lieues sur trente-huit millions que mesure le rayon, terrestre. Donc, nous avons le droit d’affirmer que ce n’est point une chute que subit la terre. C’est là une circonstance très-heureuse. D’ailleurs, j’ai lieu de croire que nous commençons à nous éloigner du soleil, car la température a progressivement diminué, et la chaleur n’est pas plus forte maintenant à la surface de l’île Gourbi qu’elle ne le serait en Algérie, si l’Algérie se trouvait encore située sur le trente-sixième parallèle.

— Vous devez avoir raison dans vos déductions, lieutenant, répondit le capitaine Servadac. Non. La terre n’est pas précipitée sur Je soleil, et elle gravite encore autour de lui.

— Mais il est non moins évident, répondit le lieutenant Procope, que, par suite du cataclysme dont nous cherchons vainement la cause, la Méditerranée, comme le littoral africain, a été brusquement reportée sous la zone équatoriale.

— S’il y a encore un littoral africain, dit le capitaine Servadac.