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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/75

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césar cascabel.

des palissades ; toutefois les petites garnisons que renferment ces postes suffisent à contenir les Indiens nomades que leurs pérégrinations jettent à travers le pays.

Aussi la Belle-Roulotte ne fut-elle menacée ni par les Chinoux ni par les Nesquallys, quand elle s’aventura à travers le pays de Walla-Walla. Le soir venu, alors que ces Indiens entouraient le campement, ils ne montraient aucune intention malveillante. Ce qui provoquait chez eux la plus vive surprise, c’était John Bull, dont les grimaces excitaient leur hilarité. Jamais ils n’avaient vu de singes, et, sans doute, ils prenaient celui-ci pour un des membres de la famille.

« Eh oui !… C’est mon petit frère ! » leur disait Sandre, ce qui provoquait les protestations indignées de Mme Cascabel.

Enfin on atteignit Olympia, capitale du Territoire de Washington, et là fut donnée « à la demande générale » la dernière représentation de la troupe française aux États-Unis. Non loin se développait l’extrême frontière de la Confédération dans le nord-ouest de l’Amérique.

À présent, l’itinéraire allait longer la côte du Pacifique, ou plutôt ces nombreux « sounds », ces capricieux et multiples détroits du littoral, qui sont abrités par les grandes îles de Vancouver et de la Reine-Charlotte.

En passant par la bourgade de Steklakoom, il fallut contourner les Puget-sounds, afin de gagner le fort de Bellingham, situé près du détroit qui sépare les îles de la terre ferme.

Puis ce fut la station de Whatcome, avec le mont Baker qui pointait à travers les nuages de l’horizon, et celle de Srimiahmoo, à l’entrée de Georgia-Strait.

Enfin, le 27 avril, après avoir fait environ trois cent cinquante lieues depuis Sacramento, la Belle-Roulotte arriva sur cette frontière, adoptée par le traité de 1847, et qui forme actuellement la limite de la Colombie anglaise.