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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/68

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en route !

mont Pitt, qui se dresse comme un style à la surface d’un cadran solaire.

Bêtes et gens avaient rudement travaillé. On dut prendre un peu de repos à Jacksonville. Puis, la rivière de Roques une fois traversée, le cheminement se fit en côtoyant les méandres d’un littoral qui s’allongeait à perte de vue vers le nord.

Pays riche, mais encore montueux, et très propice à l’agriculture. Partout, des prairies et des bois. En somme, la continuation de la région californienne. Ça et là, des bandes de ces Indiens Sastès ou Umpaquas, qui parcourent la campagne. Il n’y avait rien à craindre de leur part.

Ce fut alors que Jean, qui lisait assidûment les livres de voyage de la petite bibliothèque — car il se promettait bien de mettre ses lectures à profit — trouva à propos de faire une recommandation, dont il parut opportun de tenir compte.

On était à quelques lieues dans le nord de Jacksonville, au milieu d’une contrée couverte de vastes forêts, que défend le fort Lane, bâti sur une colline à deux mille pieds de hauteur.

« Il faudra faire attention, dit Jean, car les serpents pullulent dans le pays.

— Des serpents ! s’écria Napoléone, en poussant un cri d’effroi, des serpents !… Allons-nous-en, père !

— Du calme, enfant ! répondit M. Cascabel. Nous en serons quittes pour prendre quelques précautions.

— Est-ce que ces vilaines bêtes-là sont dangereuses ? demanda Cornélia.

— Très dangereuses, mère, répondit Jean. Ce sont des crotales, des serpents à sonnette, les plus venimeux de tous. Si vous les évitez, ils ne vous attaquent pas ; mais si vous les touchez, si vous les heurtez par mégarde, ils se redressent, s’élancent, mordent, et leurs morsures sont presque toujours mortelles.

— Et où se tiennent-ils ? demanda Sandre.

— Sous les feuilles sèches, où il n’est pas aisé de les aperce-