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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/63

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césar cascabel.


« Et les bêtes que nous n’avons pas consultées pour notre grand voyage ! »

Courant aussitôt près de Vermout :

« Eh bien ! mon vieux bidet, ça te va-t-il, une bonne trotte de trois mille lieues ? »

Puis, s’adressant à Gladiator :

« Qu’est-ce que vont dire tes pauvres vieilles jambes ? »

Les deux chevaux hennirent ensemble, comme pour donner leur acquiescement.

Se retournant alors vers les chiens :

« Et toi, Wagram, et toi, Marengo, reprit Sandre, allez-vous vous payer de belles gambades ? »

Aboiements joyeux qui furent accompagnés de quelques sauts significatifs. Il n’y avait pas à s’y tromper, Wagram et Marengo feraient le tour du monde sur un signe de leur maître.

C’était au singe, à présent, de donner son avis.

« Voyons, John Bull ! s’écria Sandre, ne prends pas cet air déconfit ! Tu vas voir du pays, mon garçon ! Et si tu as trop froid, on te mettra une bonne jaquette ! Et tes grimaces ?… J’aime à croire que tu ne les as pas oubliées, tes grimaces ? »

Non ! John Bull ne les avait pas oubliées, et il en fit de si comiques, qu’il provoqua l’hilarité générale.

Restait le perroquet.

Sandre le fit sortir de sa cage, et l’oiseau se promena, remuant la tête et se balançant sur ses pattes.

« Eh bien, Jako, demanda Sandre, tu ne me réponds pas ?… Est-ce que tu as perdu ta langue ?… Nous allons faire un beau voyage !… Es-tu content, Jako ? »

Jako tira du fond de son gosier une suite de sons articulés, où les r roulaient comme s’ils fussent sortis du puissant larynx de M. Cascabel.

« Bravo ! s’écria Sandre. Il est satisfait, Jako !… Il approuve, Jako !… Il a dit oui, Jako ! »

Et le jeune garçon, les mains en bas, les pieds en l’air, entama une