Ouvrir le menu principal

Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/55

Cette page a été validée par deux contributeurs.
44
césar cascabel.

paquebot, pas possible de traverser la mer autrement qu’à la nage !… Or, il me semble que cela sera assez difficile…

— Très difficile, monsieur patron, répondit Clou… à moins d’avoir des nageoires…

— En as-tu ?…

— Je ne crois pas…

— Eh bien ! tais-toi, et écoute ! »

Puis, s’adressant à son aîné :

« Jean, ouvre ton atlas, et montre-nous sur la carte l’endroit où nous sommes ! »

Jean chercha la carte de l’Amérique septentrionale et la plaça sous les yeux de son père. Tous la regardèrent, tandis qu’il indiquait du doigt un point de la Sierra Nevada, situé un peu dans l’est de Sacramento.

« Voici l’endroit, dit-il.

— Bien, répondit M. Cascabel. Ainsi, une fois de l’autre côté de la montagne, nous aurions à parcourir tout le territoire des États-Unis jusqu’à New-York ?

— Oui, père?

— Et combien de lieues cela fait-il ?…

— Environ treize cents lieues.

— Bon ! Ensuite il faudrait franchir l’Océan ?…

— Sans doute.

— Combien de lieues a-t-il cet Océan ?…

À peu près neuf cents jusqu’en Europe.

— Et, une fois arrivés en France, autant dire que nous sommes dans notre Normandie ?…

— Autant le dire !

— Et tout cela fait ?…

— Deux mille deux cents lieues ! s’écria la petite Napoléone, qui avait compté sur ses doigts.

— Voyez-vous, la gamine ! dit M. Cascabel. Cela sait déjà l’arithmétique ! — Nous disons deux mille deux cents lieues ?…