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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/444

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conclusion.


« Mes amis, je sais tout ce que je vous dois, et je serais un ingrat si je l’oubliais jamais !… Que puis-je faire pour vous ?… Mon cœur se serre à la pensée de nous séparer !… Voyons !… Vous conviendrait-il de demeurer en Russie, de vous fixer, de vivre sur le domaine de mon père ?… »

M. Cascabel, qui ne s’attendait pas à cette proposition, répondit après avoir réfléchi un instant :

« Monsieur le comte Narkine…

— Appelez-moi monsieur Serge, dit le comte Narkine, jamais autrement !… Vous me ferez plaisir !

— Eh bien, monsieur Serge, ma famille et moi, nous sommes très touchés… L’offre que vous nous faites, cela montre toute votre affection… Nous vous remercions bien !… Mais là-bas… vous savez… c’est le pays…

— Je vous comprends ! répondit le comte Narkine. Oui !… je vous comprends… Et, puisque vous voulez retourner en France, dans votre Normandie, je serais heureux de savoir que vous êtes établis chez vous… dans une jolie maison de campagne… avec une ferme et quelques terres autour !… Là, vous pourriez vous reposer de vos longs voyages…

— Ne croyez point que nous soyons fatigués, monsieur Serge ! s’écria M. Cascabel.

— Voyons, mon ami… parlez-moi franchement !… Tenez-vous beaucoup à votre état ?…

— Oui…, puisqu’il nous fait vivre !…

— Vous ne voulez pas me comprendre, reprit le comte Narkine, et vous m’affligez ! Me refuserez-vous la satisfaction de faire quelque chose pour vous ?…

— Ne nous oubliez pas, monsieur Serge, répondit Cornélia, voilà tout ce que nous vous demandons, car nous ne vous oublierons jamais… ni vous… ni Kayette…

— Ma mère !… s’écria la jeune fille.

— Je ne puis être ta mère, chère enfant !