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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/413

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césar cascabel.

s’abstenait de venir, on verrait à s’assurer de sa personne, même en l’arrêtant sur la route de Walska.

À la nuit tombante, lorsque cette lettre fut apportée par Rostof, M. Serge était déjà parti pour le château de Walska. M. Cascabel, qui se trouvait seul à ce moment, crut devoir paraître très surpris de l’arrivée de cette lettre. Mais il la prit en se chargeant de la remettre à son destinataire, et se garda d’en rien dire à personne.

L’absence de M. Serge avait contrarié Ortik. Il aurait préféré que la tentative de chantage se fît avant l’entrevue du prince et du comte Narkine. Mais il ne laissa rien paraître de sa contrariété et, pour mieux dissimuler, lorsqu’il prit place à la table pour le souper, il se borna à dire :

« Monsieur Serge n’est donc pas là ?…

— Non, répondit M. Cascabel. Il fait une démarche à propos de nos représentations près des autorités de la ville !

— Et quand reviendra-t-il ?…

— Dans la soirée, sans doute ! »



XIII

une longue journée.


Le gouvernement de Perm est achevalé sur l’échine de l’Oural, un pied en Asie, un pied en Europe. Il est délimité comme suit : le gouvernement de Vologda au nord-ouest, celui de Tobolsk à l’est, celui de Viatka à l’ouest, celui d’Orenbourg au sud. Aussi, grâce à cette disposition, sa population est-elle curieusement mélangée de types asiatiques et européens.

Perm, la capitale, est une ville de six mille habitants, située sur la