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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/398

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voyage terminé et qui n’est pas fini.


— Avec plaisir, mes amis ! répondit M. Cascabel. Lorsqu’on vient ensemble de si loin, il faut ne se séparer que le plus tard possible, et encore est-ce toujours trop tôt ! »



XII

voyage terminé et qui n’est pas fini.


Telle était l’abominable machination qui se préparait contre le comte Narkine et la famille Cascabel ! Et cela au moment où, après tant de fatigues, tant de périls, ce long voyage allait si heureusement se terminer ! Deux ou trois jours encore, la chaîne de l’Oural serait franchie et la Belle-Roulotte n’aurait plus qu’à descendre pendant une centaine de lieues vers le sud-ouest pour atteindre Perm !

On le sait, César Cascabel avait formé le projet de séjourner quelque temps dans cette ville, afin que M. Serge eût toute facilité de se rendre au château de Walska, chaque nuit, et sans courir le risque d’être reconnu. Puis, suivant les circonstances, il resterait au château paternel, ou il suivrait ses compagnons jusqu’à Nijni… peut-être jusqu’en France !

Oui ! mais dans le cas où M. Serge ne se déciderait pas à quitter Perm’, il faudrait donc se séparer de Kayette, qui y resterait avec lui !…

Voilà ce que se répétait Jean, ce qui l’accablait, ce qui lui déchirait le cœur. Et ce chagrin, si sincère, si profond, son père, sa mère, son frère et sa sœur le partageaient. Aucun d’eux ne pouvait se faire à cette pensée de ne plus voir Kayette !