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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/382

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les monts ourals

quillement M. Cascabel. Si on n’était pas plus malin que des bêtes, ce ne serait pas la peine d’être homme ! »



XI

les monts ourals


La chaîne de l’Oural mérite d’attirer la visite des touristes autant, à tout le moins, que les Pyrénées et les Alpes. En tartare, le mot « oural » signifie « ceinture », et c’est bien une ceinture qui se développe depuis la mer Caspienne jusqu’à la mer Arctique, sur deux mille neuf cents kilomètres de longueur — une ceinture, ornée de pierre précieuses, enrichie de métaux fins, or, argent, platine —, une ceinture qui serre le vieux continent à la taille entre les limites de l’Asie et de l’Europe. Vaste système orographique, il verse ses eaux à travers les lits de l’Oural, de la Kara, de la Petchora, de la Kama et nombre de tributaires, alimentés par la fusion des neiges. Superbe barrière de granit et de quartz, elle dresse ses aiguilles et ses pics à une altitude moyenne de deux mille trois cents mètres au-dessus du niveau océanique.

« Voilà ce que l’on peut véritablement appeler des montagnes russes ! dit assez plaisamment M. Cascabel. Seulement, ça ne dégringole pas tout seul, comme à la porte Maillot ou à la fête de Neuilly ! »

En effet, cela ne devait pas « dégringoler tout seul » !

Et, en premier lieu, pendant la traversée de la chaîne, il serait difficile d’éviter ces bourgs, ces « zavodys », ces nombreux villages, dont la population doit son origine aux anciens ouvriers qui étaient