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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/381

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césar cascabel.

réouverte, fut refermée, après que les deux loups eurent été poussés dehors.

Quel effet produisit leur apparition au milieu de la bande ! On en put d’autant mieux juger, que la clairière s’emplissait de lueurs mouvantes.

Les deux loups avaient été arrosés de pétrole, auquel M. Cascabel avait mis le feu, et c’est dans cet état qu’ils se débattaient au milieu des assaillants.

Eh bien ! elle était fameuse, l’idée de M. Cascabel, comme toutes celles qu’enfantait le cerveau de cet homme prodigieux. Les loups, épouvantés, détalaient devant les deux bêtes en flamme. Et quels rugissements ils poussaient — bien autrement effroyables que ceux qui avaient été entendus depuis le début de l’attaque ! En vain, les deux pétrolés, aveuglés par leur capuchon de toile, cherchaient-ils à éteindre leur fourrure flambante ! En vain se roulaient-ils à terre et bondissaient-ils au milieu des autres fauves, ils brûlaient toujours !

Finalement, la bande entière, prise de panique, dégagea les abords de la Belle-Roulotte, évacua la clairière, et disparut à travers les profondeurs du bois.

Les hurlements ne tardèrent pas à décroître, et le silence se fit autour du campement.

Par prudence, M. Serge recommanda d’attendre les premières lueurs du jour, avant d’aller opérer une reconnaissance aux environs de la Belle-Roulotte. Mais ses compagnons et lui n’avaient plus à craindre une nouvelle agression. L’ennemi s’était dispersé… Il fuyait à toutes jambes !

« Ah !… César !… s’écria Cornélia, en se jetant dans les bras de son mari.

— Ah ! mon ami !… dit M. Serge.

— Ah ! père !… s’écrièrent les enfants.

— Ah ! monsieur patron !… gémit Clou.

— Eh bien !… quoi ?… Qu’est-ce qui vous prend ?… répondit tran-