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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/364

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du fleuve obi aux monts ourals

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du fleuve obi aux monts ourals


L’Obi, puissant fleuve, alimenté par les eaux de l’Oural à l’ouest, et d’abondants tributaires à l’est, se déroule sur une longueur de quatre mille cinq cents kilomètres, et son bassin ne comprend pas moins de trois cent trente millions d’hectares.

Géographiquement, l’Obi aurait pu servir de limites naturelles entre l’Asie et l’Europe, si les monts Oural ne se fussent élevés un peu à l’orient de son cours. À partir du soixantième degré de latitude, le fleuve et la montagne se développent presque parallèlement. Et, tandis que l’Obi va se jeter dans le vaste golfe de ce nom, l’Oural plonge ses dernières ramifications aux profondeurs de la mer de Kara.

M. Serge et ses compagnons, arrêtés près de sa rive droite, observaient le cours du fleuve, d’où émergent de nombreux îlots, largement ombragés de saules. Au pied des berges, les plantes aquatiques balançaient leurs lames acérées, empanachées de fleurs fraîches. En amont et en aval, quantité d’embarcations parcouraient ces eaux limpides et fraîches, purifiées par leur passage à travers le filtre des montagnes qui leur ont donné naissance.

Le service de la batellerie étant régulièrement organisé, la Belle-Roulotte put aisément atteindre sur sa rive gauche la bourgade de Mouji.

Cette bourgade, à vrai dire, n’est qu’un village, et ne présentait aucun danger pour la sécurité du comte Narkine, puisqu’elle ne