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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/339

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césar cascabel.

situés plus au sud, il nous permettra de marcher directement sur la chaîne de l’Oural. D’ailleurs, il ne manque pas de villages sur la route, où vous pourrez vous ravitailler, et même séjourner, si cela est nécessaire.

À quoi bon ? répondit M. Cascabel en interrompant Ortik. Nous n’avons que faire dans un village. Ce qui importe, c’est de ne point s’attarder et d’allonger le pas. Je ne pense pas que le pays soit dangereux à traverser ?…

— En aucune façon, répondit Ortik.

— Et puis, nous sommes en force, et malheur aux coquins qui voudraient s’attaquer à la Belle-Roulotte !… Ils ne s’en tireraient pas à bon compte !

— Soyez tranquille, monsieur Cascabel, il n’y rien à craindre ! » répondit Kirschef.

On l’a remarqué, ce Kirschef ne parlait que très rarement. Peu sociable, d’humeur sombre et taciturne, il laissait son camarade prendre part aux conversations. Ortik était évidemment plus intelligent que lui, et même d’une intelligence réelle — ce que M. Serge avait été plusieurs fois en mesure de constater.

En somme, l’itinéraire que proposait Ortik était de nature à satisfaire. Tourner les villes importantes, où l’on se serait exposé à rencontrer des postes militaires, c’était ce qui devait convenir au comte Narkine, en même temps que cela convenait aux deux prétendus matelots. Qu’il dût être difficile d’éviter les centres populeux, surtout aux approches de la frontière, cela était à prévoir, et il y aurait alors lieu de prendre certaines précautions. Jusque-là, les villages de la steppe n’offriraient que peu de dangers sous ce rapport.

Ce plan de voyage une fois adopté en principe, il n’y eut plus qu’à reconnaître les diverses provinces qu’il faudrait couper obliquement entre le cours de la Lena et l’Oural.

Jean chercha donc dans son atlas la carte de la Sibérie septentrionale. M. Serge fit alors une étude approfondie de ces territoires, où les fleuves sibériens, au lieu de favoriser les itinéraires qui se