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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/320

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un bon tour de m. cascabel.

des indigènes, cela était au moins très difficile ! Amener Tchou-Tchouk à meilleure composition, il n’y fallait guère compter ! Il n’y avait donc qu’un moyen : c’était de « le mettre dedans » ainsi que le répétait vingt fois par jour M. Cascabel.

Oui ! c’est bien à cela à quoi il s’appliquait ! Mais il eut beau « se décarcasser la caboche », selon une de ses expressions favorites, le mois de janvier s’acheva, sans qu’il eût encore rien trouvé au fond de son sac !



VII

un bon tour de m. cascabel.


Ils furent rudes, les débuts de février — ce mois pendant lequel le froid, sous cette latitude, arrive à congeler le mercure des thermomètres ! Certes, on est encore loin des températures de l’espace interstellaire, de ces deux cent soixante-treize degrés au-dessous de zéro qui immobilisent les molécules des corps en constituant l’état solide absolu. Et pourtant, on eût pu croire que les molécules de l’air ne glissaient plus les unes sur les autres, que l’atmosphère était comme solidifiée. Cet air que l’on respirait, il brûlait comme du feu. L’abaissement de la colonne thermométrique était tel que les hôtes de la Belle-Roulotte durent se résoudre à n’en plus sortir. Le ciel se montrait d’une extrême pureté, et les constellations y brillaient avec une netteté incomparable, à laisser croire que le regard atteignait les dernières profondeurs de la voûte céleste. Quant à la clarté du jour, vers midi, ce n’était qu’un mélange blafard d’aube et de crépuscule.

Cependant les indigènes n’hésitaient point, par habitude, à bra-