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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/288

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du 16 novembre au 2 décembre.

celle-ci fut laissée à la garde de Clou, et tous partirent, précédés des deux chiens, qui furetaient à la surface de l’ice-field.

On marcha d’un bon pas sur cette neige dure comme du granit, et dans la direction de l’ouest. Si Wagram et Marengo tombaient sur les traces de leur jeune maître, ils sauraient bien les reconnaître. Mais, une demi-heure après, ils n’avaient encore rien trouvé. Il fallut s’arrêter alors, car on s’essoufflait vite par cette température si basse que l’air semblait être gelé.

L’icefield, qui s’étendait à perte de vue vers le nord, le sud et l’est, était borné à l’ouest par quelques hauteurs, qui n’avaient point la forme ordinaire des icebergs. Peut-être étaient-ce les linéaments du littoral, d’un continent ou d’une île.

En ce moment, les chiens aboyèrent avec violence et se précipitèrent vers un mamelon blanchâtre, sur lequel se détachaient un certain nombre de points noirs.

On se remit en marche, pressant le pas, et bientôt Sandre remarqua que ces points étaient des être humains, et que deux d’entre eux faisaient des signes…

« Jean !… Kayette ! » s’écria-t-il, en s’élançant à la suite de Wagram et de Marengo.

C’étaient Kayette et Jean, sains et saufs…

Ils n’étaient pas seuls. Un groupe d’indigènes les entourait, et ces indigènes, c’étaient les habitants des îles Liakhoff.