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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/287

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césar cascabel.

voulu rentrer dans leurs chambres, appelant Jean, appelant Kayette, qui ne pouvaient les entendre…

La journée s’écoula sans que la situation se fût modifiée ; puis, la nuit vint, et M. Serge exigea que le père, la mère, les enfants se missent à l’abri dans la Belle-Roulotte, où nul ne put trouver un instant de sommeil.

Soudain, vers trois heures du matin, un choc effroyable ébranla le véhicule, et si violemment qu’il faillit être culbuté. D’où provenait ce choc ?… Était-ce quelque énorme iceberg qui avait heurté et peut-être rompu le glaçon ?…

M. Serge s’élança au dehors.

Un reflet d’aurore boréale éclairait l’espace, et il était possible d’apercevoir les objets dans un rayon d’une demi-lieue autour du campement.

La première pensée de M. Serge fut de porter son regard en toutes directions…

Ni Jean ni Kayette n’étaient en vue.

Quant au choc, il était dû à ce que le glaçon s’était heurté contre l’icefield. Grâce à un nouveau refroidissement de la température — près de vingt degrés au-dessous du zéro centrigrade — la mer s’était entièrement solidifiée à sa surface. Là, où tout était en mouvement la veille, il n’y avait plus que l’immobilité. La dérive avait cessé après ce dernier choc.

M. Serge rentra aussitôt, et fit connaître à la famille l’arrêt définitif du glaçon.

« Ainsi, toute la mer est glacée devant nous ? demanda M. Cascabel.

— Oui, répondit M. Serge, devant nous, derrière nous et autour de nous !

— Eh bien ! allons à la recherche de Jean et de Kayette !… Il n’y a pas un instant à perdre…

— Partons ! », répondit M. Serge.

Cornélia et Napoléone ne voulant pas rester à la Belle-Roulotte,