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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/279

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césar cascabel.

pressé… Il s’agit de ne pas se laisser asphyxier, faute d’air respirable ! »

Et aussitôt, Jean et Clou, armés d’une pioche et d’une pelle, se mirent à la besogne, afin de déblayer le couloir. Rude travail, en vérité, car la neige durcie le comblait tout entier et devait même recouvrir la Belle-Roulotte.

Pour opérer rapidement, il fallut se relayer les uns les autres. Comme on ne pouvait rejeter la neige au-dehors, il fut nécessaire de la rentrer dans le premier compartiment d’où, sous l’action de la température interne, réduite presque immédiatement en eau, elle s’écoulait au-dehors.

Une heure après, la pioche n’avait pas encore percé la masse compacte du couloir. Il était impossible de sortir, impossible d’aérer l’intérieur de la voiture, et la respiration y devenait de plus en plus embarrassée par manque d’oxygène et excès d’acide carbonique.

Tous, haletants, cherchaient en vain quelque bouffée d’air pur dans cette atmosphère presque irrespirable. Kayette et Napoléone se sentaient prises d’étouffement. Très visiblement, c’était Mme Cascabel qui semblait le plus en danger. Kayette, dominant son malaise, essayait de lui donner des soins. Ce qu’il aurait fallu pouvoir faire, c’eût été d’ouvrir une des fenêtres afin de renouveler l’air et, on l’a vu, les volets étaient extérieurement maintenus par la neige comme l’avait été la porte.

« Courage !… courage ! répétait M. Serge. Nous avons déjà gagné six pieds à travers le massif… La couche ne doit plus être épaisse maintenant ! »

Non ! elle ne devait plus l’être, si la neige avait cessé de tomber… Mais peut-être tombait-elle encore !

Jean eut alors l’idée de pratiquer une trouée à travers la couche qui formait plafond au-dessus du couloir — couche moins considérable peut-être et probablement moins dure.

En effet, ce travail put être fait dans de meilleures conditions, et,