Ouvrir le menu principal

Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/265

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
254
césar cascabel.


Et il braqua la longue-vue vers le point indiqué par la jeune Indienne.

« Kayette a raison ! » dit-il presque aussitôt.

Et il donna l’instrument à M. Serge, qui le dirigea à son tour du côté signalé.

« Oui ! dit-il. C’est même une montagne assez haute !… Kayette ne s’est point trompée ! »

Après une nouvelle observation, il fut constaté qu’une terre devait se trouver dans la direction du nord, à une distance de cinq ou six lieues à peu près.

C’était là un fait d’une extrême importance.

« Pour qu’un terre soit dominée par une montagne aussi élevée, fit observer Jean, il lui faut une étendue considérable…

— C’est vrai, Jean, répondit M. Serge, et, lorsque nous serons rentrés à la Belle-Roulotte, nous tâcherons d’en retrouver la position sur la carte. Cela nous permettrait de relever exactement notre situation.

— Jean… on dirait qu’une fumée s’échappe de cette montagne ! dit alors Kayette.

— Ce serait donc un volcan ?… répliqua M. Serge.

— Oui !… oui !… ajouta Jean, qui avait appliqué la longue-vue à son œil. On voit très bien une fumée… »

Mais déjà le jour commençait à s’éteindre, et, même avec le grossissement de l’oculaire, les linéaments de la montagne s’effacèrent peu à peu.

Une heure plus tard, à la vérité, lorsque l’obscurité fut presque complète, de vives lueurs apparurent dans la direction qui avait été relevée au moyen d’une ligne tracée sur la neige.

« Allons consulter la carte », dit M. Serge.

Et tous trois retournèrent au campement.

Jean chercha dans l’atlas la carte qui représentait l’ensemble des régions boréales au-delà du détroit de Behring, et voici ce qui fut établi.