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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/222

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DEUXIÈME PARTIE


I

le détroit de behring


C’est une passe assez étroite, ce canal de Behring, par lequel communique la mer de ce nom avec l’océan Arctique. Disposé comme le détroit du Pas-de-Calais entre la Manche et la mer du Nord, il a la même orientation sur une largeur triple. On ne compte que six à sept lieues depuis le cap Griz-Nez de la côte française jusqu’au South-Foreland de la côte anglaise, une vingtaine de lieues séparent Numana de Port-Clarence.

Aussi, après avoir quitté son dernier lieu de séjour en Amérique, la Belle-Roulotte se dirigeait-elle vers ce port de Numana, le point le plus rapproché du littoral asiatique.

Sans doute, un itinéraire, qui aurait coupé obliquement la mer de Behring, eût permis à César Cascabel de cheminer sur un parallèle moins élevé et sensiblement au-dessous du Cercle Polaire. Dans ce cas, la direction eût été relevée au sud-ouest, en pointant vers l’île Saint-Laurent — île assez importante, habitée par de nombreuses tribus d’Esquimaux, non moins hospitaliers que les indigènes de Port-Clarence ; puis, au-delà du golfe de l’Anadyr, la petite troupe aurait accosté le cap Navarin, pour s’aventurer à travers les territoires de la Sibérie méridionale. Mais c’eût été allonger la partie du voyage qui se faisait par mer, ou plutôt à la surface d’un ice-field, et par conséquent s’exposer sur un plus long parcours aux dangers que présentent les champs de glace. On comprend que la famille