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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/18

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fortune faite.


Ah ! comme on l’admira dans son petit monde, cette caisse ! Et combien la famille se montra heureuse et fière de l’avoir ! Il fallut l’ouvrir, il fallut la refermer. Le jeune Sandre aurait bien voulu se fourrer dedans — pour s’amuser. Mais impossible, elle était trop exiguë pour loger le jeune Sandre !

Quand à Clou-de-Girofle, il n’avait jamais rien vu de si beau — même en rêve.

« Ce que ça doit être difficile à ouvrir, s’écria-t-il… à moins que ça ne soit facile, si ça ferme mal !

— Tu n’as jamais rien dit de plus juste, » répliqua M. Cascabel.

Puis, de cette voix de commandement, qui n’admet pas de réplique, et avec un de ces gestes significatifs, qui ne permettent pas une hésitation :

« Allons, enfants, filez par le plus court, dit-il, et rapportez-nous de quoi déjeuner… royalement. Voici un dollar que je mets à votre disposition… C’est moi qui régale ! »

Le brave homme ! Comme si ce n’était pas lui qui « régalait » tous les jours ! Mais il aimait ce genre de plaisanterie, qu’il accompagnait d’un bon gros rire.

En un instant, Jean, Sandre et Napoléone eurent quitté la place, en compagnie de Clou, ayant au bras un large coffin de paille, destiné au transport des provisions.

« Et, maintenant que nous sommes seuls, Cornélia, causons un peu, dit M. Cascabel.

— Et de quoi, César ?

— De quoi ?… Mais du mot que nous allons choisir pour la serrure de notre coffre-fort. Ce n’est pas que je me défie des enfants !… Grand Dieu ! Des chérubins !… ni même de cet imbécile de Clou-de-Girofle, qui est l’honnêteté en personne !… Mais il faut que ces mots-là soient secrets.

— Prends le mot que tu voudras, répondit Cornélia. Je m’en rapporte à toi…