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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/179

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du fort-youkon à port-clarence.

nément dans ses bras devant les Indiens stupéfaits. Est-elle assez maligne… L’est-elle assez…

— Aussi maligne qu’électrique ! » ajouta M. Serge.

En vérité, que devaient penser ces indigènes, si ce n’est que cette femme surnaturelle disposait du tonnerre à sa fantaisie ! Comment rien qu’en lui touchant la main, on était foudroyé ! Décidément, ce ne pouvait être que la compagne du Grand-Esprit, qui avait daigné descendre sur la Terre pour épouser en secondes noces M. Cascabel !



XIV

du fort-youkon à port-clarence.

Le soir de cette mémorable représentation, dans un entretien auquel toute la famille assista, il fut décidé que le départ aurait lieu le lendemain.

Évidemment — ceci était l’objet des judicieuses réflexions de M. Cascabel — s’il avait eu besoin de recruter des sujets pour sa troupe, il n’aurait eu que l’embarras de choisir entre ces indigènes de l’Alaska. Dût son amour-propre en souffrir, il lui fallait reconnaître que ces Indiens avaient de merveilleuses dispositions pour les exercices acrobatiques. Gymnastes, gymnasiarques, clowns, équilibristes, jongleurs, ils auraient obtenu de grands succès en n’importe quel pays. Certes, le travail devait être pour une bonne part dans leur talent ; mais la nature avait plus fait encore en les créant vigoureux, souples, adroits. Nier qu’ils se fussent montrés les égaux des Cascabel, c’eût été injuste. Heureusement, le dernier mot était resté à la famille, grâce à la présence d’esprit de la « reine des femmes électriques ! »