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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/141

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sitka.

tant, j’ai encore une question à vous poser, ou plutôt une demande à vous faire.

À vos ordres, monsieur Serge.

— Et même, c’est un service que j’attends de vous…

— Un service ?…

— Puisque vous vous rendez au détroit de Behring, voulez-vous me permettre de vous accompagner jusque-là ?…

— Nous accompagner ?…

— Oui !… ce voyage complétera mon exploration de l’Alaska dans l’ouest.

— Et nous vous répondons : Avec bien du plaisir, monsieur Serge ! s’écria M. Cascabel.

À une condition, ajouta Cornélia.

— Et laquelle ?…

— C’est que vous ferez tout ce qu’il faudra pour guérir… sans répliquer !

À une condition aussi c’est que, puisque je vous accompagne, je contribuerai aux dépenses du voyage !

— Ce sera comme il vous plaira, monsieur Serge ! » répondit M. Cascabel.

Les choses furent ainsi réglées à la satisfaction des parties. Mais le chef de la famille ne crut point devoir renoncer à son projet de donner quelques représentations sur la grande place de Sitka — ce qui devait lui rapporter à la fois gloire et profit. Toute la province était en fête à propos de l’annexion, et la Belle-Roulotte n’aurait pu arriver plus à propos pour les réjouissances publiques.

Il va sans dire que M. Cascabel était allé faire sa déclaration relativement à l’attentat commis contre M. Serge, et que des ordres furent donnés de poursuivre plus vivement la bande Karnof sur la frontière alaskienne.

Le 17 juin, M. Serge put sortir pour la première fois. Il allait beaucoup mieux, et sa blessure était fermée, grâce aux soins du docteur Harry.