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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/140

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césar cascabel.


— Possible, répondit M. Cascabel, mais comme il n’y avait pas moyen de faire autrement… Monsieur Serge, nous sommes pris du mal du pays !… Nous voulons rentrer en France, et nous y rentrerons !… Et, puisque nous passerons par Perm, par Nijni à l’époque des foires… eh bien, nous tâcherons que la famille Cascabel n’y fasse pas trop mauvaise figure.

— Soit, mais quelles sont vos ressources ?

— Quelques recettes qui nous sont échues, chemin faisant, et que j’espère grossir en donnant deux ou trois représentations à Sitka. Précisément, la ville est en fête à propos de l’annexion, et j’imagine que le public s’intéressera aux exercices de la famille Cascabel.

— Mes amis, dit M. Serge, j’aurais eu grand plaisir à partager ma bourse avec vous, si je n’avais été volé…

— Vous ne l’avez point été, monsieur Serge ! répondit vivement Cornélia.

— Pas même d’un demi-rouble ! » ajouta César.

Et il apporta la ceinture, dans laquelle se trouvait tout ce qui restait d’argent à M. Serge.

« Alors, mes amis, vous voudrez bien accepter…

— Non point, monsieur Serge ! répondit M. Cascabel. Pour nous tirer d’embarras, je n’entends nullement que vous risquiez de vous y mettre…

— Vous refusez de partager avec moi ?…

— Absolument !

— Ah ! ces Français ! dit M. Serge en lui tendant la main.

— Vive la Russie ! s’écria le jeune Sandre.

— Et vive la France ! » répondit M. Serge.

C’était la première fois, sans doute, que ce double cri s’échangeait sur ces lointains territoires de l’Amérique !

« Maintenant, assez causé, monsieur Serge, dit Cornélia. Le médecin vous a recommandé du calme et du repos, et les malades doivent toujours obéir à leur médecin.

— Et je vous obéirai, madame Cascabel, répondit M. Serge. Pour-