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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/131

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sitka


— Eh bien, vous êtes dans la province d’Alaska, à quelques lieues de la capitale…

— L’Alaska !… » murmura le blessé.

Et il sembla qu’un sentiment de terreur venait de se révéler dans son regard.

« Les possessions russes !… répéta-t-il.

— Non !… Les possessions américaines ! »

Jean venait d’entrer : c’était lui qui parlait ainsi.

Et, en même temps, par la petite fenêtre entrouverte de la Belle-Roulotte, il montrait le pavillon américain flottant sur un des postes du littoral.

En effet, cette province d’Alaska n’était plus russe depuis trois jours. Trois jours auparavant avait été signé le traité d’annexion qui la cédait tout entière aux États-Unis. Désormais, la famille Cascabel n’avait plus à craindre des agents de la Russie… Elle était sur une terre américaine !



XI

sitka


Sitka, la Nouvelle-Arkhangelsk, située sur l’île Baranow, au milieu des archipels de la côte occidentale, est non seulement la capitale de l’île, mais aussi la capitale de toute cette province, qui venait d’être cédée au gouvernement fédéral. Il n’y a point d’autre cité plus importante en cette région, où l’on ne rencontre que de rares bourgades, ou de simples villages, jetés à de grandes distances. Il serait même plus juste d’appeler ces villages des postes ou factoreries. Pour la plupart, ils appartiennent aux compagnies américaines, et quelques-uns à la