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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/121

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kayette


Cependant, puisque l’intervention d’un médecin était impossible dans les conditions où l’on se trouvait, il fallait bien s’en tenir aux soins que pourrait donner Cornélia, et aux remèdes contenus dans la petite pharmacie de voyage.

C’est ce qui fut fait, et de manière à arrêter une hémorragie qui aurait pu entraîner très promptement la mort. On verrait plus tard si, dans cet état de prostration absolue, il serait possible ou non de transporter cet homme à la plus prochaine bourgade. Et, cette fois, M. Cascabel ne s’inquiétait pas qu’elle fût ou non anglo-colombienne.

Après avoir soigneusement lavé l’orifice de la plaie à l’eau fraîche, Cornélia y posa des compresses imbibées d’arnica. Ce pansement suffit pour arrêter le sang dont le blessé avait tant perdu depuis le moment du meurtre jusqu’à son arrivée au campement.

« Et maintenant, Cornélia, demanda M. Cascabel, que pouvons-nous faire ?…

— Nous allons déposer ce malheureux sur notre lit, répondit Cornélia, et je le veillerai, afin de renouveler les compresses quand il le faudra !

— Nous le veillerons tous ! répondit Jean. Est-ce que nous pourrions dormir ? Et puis, il faut nous tenir sur nos gardes !… Il y a des assassins aux environs ! »

M. Cascabel, Jean et Clou prirent l’homme et le placèrent sur le lit, dans le dernier compartiment.

Et tandis que Cornélia restait à son chevet, guettant une parole qui ne se fit pas entendre, la jeune Indienne, dont M. Cascabel parvenait à interpréter le dialecte chinouk, raconta son histoire.

Elle était bien de race indigène, de l’une des races autochtones de l’Alaska. Dans cette province, au nord et au sud du grand fleuve Youkon qui l’arrose de l’est à l’ouest, on rencontre des tribus nombreuses, nomades ou sédentaires, entre autres, les Co-Youkons, qui forment la principale et la plus sauvage peut-être, puis des