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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/97

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L’endroit était obscur, et ils ne risquaient point d’être aperçus.

Six minutes s’écoulèrent. Ni le maître d’équipage ni le cuisinier ne paraissaient. Cela devenait très inquiétant. Étaient-ils arrêtés déjà ?… On ne pouvait songer à les abandonner… D’ailleurs, Harry Markel n’avait pas trop de tout son monde pour tenter l’aventure, et, au besoin, lutter contre l’équipage de l’Alert, s’il ne se laissait pas surprendre.

Il était près de neuf heures. Soirée très obscure, sous un ciel de plus en plus chargé de nuages bas et immobiles. S’il ne pleuvait plus, une sorte de brume tombait à la surface de la baie, — circonstance favorable pour les fugitifs, bien qu’ils dussent avoir quelque peine à découvrir le mouillage de l’Alert.

« Où est le navire ?… demanda Harry Markel.

— Là », répondit Corty en tendant la main vers le sud-est.

Il est vrai, lorsque le canot s’en approcherait, on distinguerait, sans doute, le fanal suspendu à l’étai de misaine.

Pris d’impatience et d’inquiétude, Corty remonta d’une cinquantaine de pas vers les