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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/93

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page de l’Alert comptait douze hommes, compris le capitaine, tandis que la bande n’en comptait que dix, compris Harry Markel, celle-ci aurait l’avantage de la surprise. Le bâtiment ne pouvait être sur ses gardes, au fond de cette anse Farmar. Des cris n’y seraient point entendus. L’équipage aurait été égorgé, jeté à la mer sans avoir eu le temps de se défendre. Puis, Harry Markel lèverait l’ancre, et l’Alert, toutes voiles dehors, n’aurait plus qu’à débouquer de la baie, à franchir le canal de Saint-George pour donner dans l’Atlantique.

À Cork, personne évidemment ne s’expliquerait pourquoi le capitaine Paxton serait parti dans ces conditions avant même que les pensionnaires d’Antilian, pour lesquels l’Alert avait été spécialement affrété, eussent pris passage à bord… Et que diraient M. Horatio Patterson et ses jeunes compagnons, qui venaient d’arriver, ainsi que l’avait annoncé Corty, lorsqu’ils ne trouveraient plus le navire à son mouillage de l’anse Farmar ?… Or, une fois le bâtiment en mer, il serait difficile de le rencontrer, de capturer ces bandits qui venaient d’en massacrer l’équipage. D’ailleurs, Harry Markel, non sans raison, ne pensait pas que les passagers voulussent