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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/79

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que ses compagnons, bien que sorti du rang des matelots, il s’était graduellement élevé à la situation de capitaine de la marine marchande. Connaissant à fond son métier, il aurait pu se faire une carrière honorable, si des passions terribles, un féroce appétit de l’argent, la volonté d’être son seul maître ne l’eussent jeté dans la voie du crime. Du reste, habile à dissimuler ses vices sous la rudesse d’un homme de mer, et servi par une chance assez persistante, il n’avait jamais inspiré aucune défiance aux armateurs pour lesquels il commandait.

Le maître d’équipage, John Carpenter, quarante ans, plus petit de taille, d’une remarquable vigueur, contrastait avec Harry Markel par son apparence sournoise, ses manières hypocrites, son habitude de flatter les gens, une fourberie instinctive, une remarquable puissance de dissimulation, qui le rendait plus dangereux encore. À tout prendre, non moins cupide, non moins cruel que son chef, il exerçait sur lui une détestable influence, que Harry Markel subissait volontiers.

Quant au troisième individu assis à la même table, c’était le cuisinier de l’Halifax, Ranyah Cogh, d’origine indo-saxonne. En-