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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/78

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d’eux n’avait habité l’Irlande. Personne ne les eût reconnus ni à Cork ni à Queenstown, — ce qui rendait leur capture improbable. Toutefois, comme la police possédait le signalement de chacun, ils se sentaient très menacés. Bien entendu, leur intention n’était pas de prolonger un séjour si périlleux dans la ville. Ils profiteraient de la première occasion qui s’offrirait de s’enfuir, soit en gagnant la campagne, soit en reprenant la mer.

Or, peut-être cette occasion allait-elle se présenter, et dans des conditions favorables. On en jugera par la conversation des trois attablés, qui occupaient le plus sombre coin de Blue-Fox, où ils pouvaient causer à l’abri de toute oreille indiscrète.

Harry Markel était bien le digne chef de cette bande, qui n’avait pas hésité à lui prêter son concours, lorsqu’il avait fait du trois-mâts Halifax, qu’il commandait pour le compte d’une maison de Liverpool, un bâtiment de pirates dans les extrêmes mers du Pacifique.

Âgé de quarante-cinq ans, taille moyenne, corps robuste, santé à toute épreuve, physionomie farouche, il ne reculait devant aucune cruauté. De beaucoup plus instruit