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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/65

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raison, voici que M. Patterson s’entête aussi, — ce qui n’était guère dans ses habitudes. Avait-il donc un intérêt à exciter les appréhensions de Mrs Patterson ?…

Ce qui est certain, c’est qu’il insista encore et avec force sur les dangers qu’offre un voyage quel qu’il soit, surtout un voyage au-delà des mers. Et lorsque Mrs Patterson se refusa à admettre ces dangers, qu’il dépeignait avec périodes et gestes emphatiques :

« Je ne vous demande pas de les voir, déclara-t-il, seulement de les prévoir, et, comme conséquence de cette prévision, j’ai à prendre quelques mesures indispensables…

— Lesquelles, Horatio ?…

— En premier lieu, madame Patterson, je songe à faire mon testament…

— Votre testament…

— Oui… en bonne et due forme…

— Mais vous voulez donc me mettre la mort au cœur !… s’écria Mrs Patterson, qui commençait à envisager ce voyage sous une perspective effrayante.

— Non, madame Patterson, non !… je veux uniquement me conduire avec sagesse et prudence. Je suis de ces hommes qui croient raisonnable de prendre leurs dernières dispo-