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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/43

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cations de cet instrument de précision qui ne variait pas d’une seconde par jour, et dont la régularité égalait celle de son propriétaire. Or, jamais, non, jamais ! M. Patterson ne se rendait près de M. Ardagh avant onze heures quarante-trois pour lui faire son rapport quotidien sur la situation économique d’Antilian School, et il était sans exemple qu’il ne fût pas arrivé entre la quarante-deuxième et la quarante-troisième minute.

M. Patterson devait dès lors supposer, et il supposa qu’il se produisait une circonstance toute particulière, puisque le directeur le mandait avant qu’il eût balancé les dépenses et les recettes de la veille. Il le ferait à son retour, d’ailleurs, et, on peut en être certain, aucune erreur n’aurait été occasionnée par ce dérangement insolite.

La porte s’ouvrit au moyen du cordon de tirage relié à la loge du concierge. M. Patterson fit quelques pas — cinq suivant son habitude — dans le couloir, et frappa un coup discret sur le panneau d’une deuxième porte, où se lisaient ces mots : Cabinet du directeur.

« Entrez », fut-il aussitôt répondu.

M. Patterson ôta son chapeau, secoua les grains de poussière égarés sur ses bottines,