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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/42

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que tout était irréprochable dans sa toilette, prit des ciseaux et coupa un brin de ses favoris qui dépassait la ligne réglementaire, vérifia si son mouchoir et son portefeuille se trouvaient dans sa poche, ouvrit la porte du cabinet, en franchit le seuil et la referma soigneusement avec l’une des dix-sept clefs qui tintinnabulaient à son trousseau, descendit l’escalier aboutissant à la grande cour, la traversa d’un pas lent et mesuré dans une direction oblique, afin de gagner le corps de logis où était le cabinet de M. Ardagh, s’arrêta devant la porte, pressa le bouton électrique dont la tremblotante sonnerie résonna à l’intérieur, et attendit.

Ce fut à cet instant seulement que M. Patterson se demanda, en se grattant le front du bout de son index :

« Qu’est-ce donc que M. le directeur peut avoir à me dire ? »

En effet, à cette heure de la matinée, l’invitation de se rendre au cabinet de M. Ardagh devait paraître anormale à M. Patterson dont l’esprit s’emplissait d’hypothèses diverses.

Qu’on en juge ! La montre de M. Patterson n’indiquait encore que neuf heures quarante-sept, et l’on pouvait s’en rapporter aux indi-