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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/41

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colonne des dépenses sur son grand-livre. Puis, de sa règle d’ébène, il tira une barre sous la colonne des chiffres, dont il venait d’achever l’addition. Ensuite, après avoir secoué légèrement sa plume au-dessus de l’encrier, il la plongea à plusieurs reprises dans le godet de grenaille qui en assurait la propreté, l’essuya avec un soin extrême, la posa près de la règle le long de son pupitre, tourna la pompe de l’encrier afin d’y faire rentrer l’encre, plaça la feuille de papier brouillard sur la page des dépenses, en ayant bien soin de ne point altérer la queue du 9, ferma le registre, l’introduisit dans sa case spéciale à l’intérieur du bureau, remit dans leur boîte le grattoir, le crayon et la gomme élastique, souffla sur son buvard pour en chasser quelques grains de poussière, se leva en repoussant son fauteuil à rond de cuir, retira ses manches de lustrine et les pendit à une patère près de la cheminée, donna un coup de brosse à sa redingote, à son gilet et à son pantalon, saisit son chapeau dont il lustra le poil brillant avec son coude, le mit sur sa tête, enfila ses gants de peau noire, comme s’il allait rendre quelque visite officielle à un haut personnage de l’Université, jeta un dernier regard à la glace, s’assura