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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/318

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rait l’Alert lorsqu’ils écumeraient les parages du Pacifique :

« Le pavillon français !… s’était écrié Tony Renault.

— Le pavillon français ?… répétait Louis Clodion.

— Est-ce que le capitaine Paxton se serait trompé, fit observer Roger Hinsdale, et aurait fait fausse route sur la Guadeloupe ou la Martinique ? »

Harry Markel n’avait point commis une pareille erreur. C’était bien Saint-Barthélemy que l’Alert venait d’atteindre, et ce fut dans le port de Gustavia qu’il prit son mouillage, trois quarts d’heure après.

Magnus Anders ne laissait pas d’être assez chagriné. Jusqu’ici, à Saint-Thomas, à Sainte-Croix, à Saint-Martin, Danois et Français avaient vu flotter le drapeau de leur pays, et voici que le jour même où il allait mettre le pied sur la colonie suédoise, le pavillon suédois n’y flottait plus…

Tout s’expliqua. L’île Saint-Barthélemy venait d’être cédée à la France moyennant la somme de deux cent soixante-dix-sept mille cinq cents francs.

Cette cession avait été approuvée par les colons, presque tous d’origine normande,