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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/315

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elle était demeurée française par ses aspirations, par ses goûts, par ses mœurs, et il est vraisemblable qu’elle le sera toujours.

Lorsque le soleil eut disparu derrière l’horizon, Saint-Barthélemy n’était pas encore en vue. Comme une vingtaine de milles au plus l’en séparaient, nul doute que l’Alert y prit son mouillage dès l’aube, bien que le vent eût calmi le soir, et qu’on ne dût faire que peu de route pendant la nuit.

Néanmoins, dès quatre heures du matin, le jeune Suédois quittait sa cabine, et, gravissant les enfléchures du grand mât, il se hissa jusqu’aux barres du grand perroquet.

Magnus Anders voulait être le premier à signaler son île, et il aperçut un peu avant six heures le principal massif calcaire, qui la domine au centre, d’une hauteur de trois cent deux mètres. Aussi cria-t-il d’une voix si retentissante : « Terre !… Terre ! » que ses camarades se précipitèrent sur le pont.

L’Alert se dirigea immédiatement vers la côte occidentale de Saint-Barthélemy, de manière à se présenter devant le port du Carénage, le principal, ou, pour mieux dire, le seul de l’île.

Bien que la brise fût modérée et qu’il fallût tenir le plus près, le trois-mâts gagnait