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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/311

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Cependant, si la traversée était retardée, elle ne le serait que de quelques heures, et assurément le trois-mâts paraîtrait le lendemain en vue de l’île Saint-Barthélemy au lever du jour.

Comme d’habitude, les passagers prenaient part à la manœuvre, lorsqu’il s’agissait de mollir ou de raidir les écoutes. Il n’y eut point lieu de courir des bords et de virer vent devant. Tony Renault et Magnus Anders tinrent la barre chacun à son tour, — deux véritables timoniers, bien à leur affaire, ne laissant point le navire embarder d’un côté ni de l’autre, l’œil fixé sur la ligne de foi de la boussole.

Vers cinq heures du soir, un navire fut signalé dans le sud-ouest, courant de manière à dépasser l’Alert, dont il suivait la direction.

À ce moment, Corty se mit au gouvernail, l’intention d’Harry Markel étant bien d’éviter l’approche de ce steamer. L’Alert arriva donc d’un quart, afin de n’être pas coupé de sa route.

Ce steamer, de nationalité française, — on le reconnut à la flamme que le vent déroulait à son grand mât, — était un navire de guerre appartenant à la catégorie des petits