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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/240

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entrevoir jusque dans les profondeurs de ces eaux verdâtres, si claires et si transparentes.

À plusieurs reprises, sur la demande des passagers, John Carpenter et Corty essayèrent de capturer un de ces marsouins, de les frapper avec des harpons. Ils n’y réussirent pas, tant ces poissons sont agiles.

Il n’en fut pas de même des énormes squales qui fréquentent ces parages de l’Atlantique. Leur voracité est telle qu’ils se jettent sur n’importe quel objet tombé à la mer, chapeau, bouteille, morceau de bois, bout de filin. Tout est comestible à leurs formidables estomacs, et ils gardent ce qu’ils n’ont pu digérer.

Dans la journée du 7 juillet, un requin fut pris, qui ne mesurait pas moins de douze pieds de longueur. Lorsqu’il eut avalé le croc amorcé d’un débris de viande, il se débattit avec une telle violence que l’équipage eut grand-peine à le hisser sur le pont. Louis Clodion et ses camarades étaient là, regardant, non sans quelque effroi, le gigantesque monstre, et, sur la recommandation de John Carpenter, ils se gardèrent de l’approcher de trop près, car les coups de sa queue eussent été terribles.

Le squale fut aussitôt attaqué avec la