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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/231

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— Eh bien… que ce soit cette fois-ci, murmura M. Patterson, et indiquez-le s’il en est temps encore !

— C’est de tenir un citron à la main pendant toute la traversée… jour et nuit…

— Donnes-moi un citron », remurmura M. Patterson, d’une voix entrecoupée de spasmes.

Wagah n’inventait rien et ne plaisantait pas. Le citron figure dans la série des remèdes imaginés par les spécialistes contre le mal de mer.

Par malheur, celui-ci ne fut pas moins inefficace que les autres ! M. Patterson, plus jaune que le fruit de cette famille des arrantiacées, eut beau le tenir dans sa main, le presser de ses cinq doigts à en faire jaillir le jus, il n’éprouva aucun soulagement, et son cœur continua d’osciller dans sa poitrine.

Après cette dernière tentative, M. Patterson essaya des lunettes dont les verres avaient été teintés d’une légère couche de vermillon. Cela ne réussit pas davantage, et il semblait que la pharmacie du bord fût épuisée. Tant que M. Patterson aurait la force d’être malade, il le serait, sans doute, et il n’y avait plus rien à attendre que de la seule nature.