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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/211

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vivier, une carpe, qui y passait son existence exempte de tout souci. Un jour, ledit savant eut l’idée d’accoutumer ladite carpe à vivre hors de l’eau. Il la retira du vivier, quelques secondes d’abord, quelques minutes ensuite, puis quelques heures, puis quelques jours, si bien que l’intelligente bête finit par respirer à l’air libre…

— Ce n’est pas croyable !… dit Magnus Anders.

— Les faits sont là, affirma M. Patterson, et ils ont une valeur scientifique.

— Alors, fit observer Louis Clodion très en défiance, en suivant ces procédés, l’homme arriverait à vivre dans l’eau ?…

— C’est infiniment probable, mon cher Louis.

— Mais, questionna Tony Renault, peut-on savoir ce qu’est devenue cette intéressante carpe ?… Vit-elle toujours ?…

— Non, elle est morte, après avoir servi à cette magnifique expérience, conclut M. Patterson, morte par accident, et c’est peut-être ce qu’il y a de plus curieux… Un jour, elle retomba par mégarde dans le vivier et s’y noya !… Sans cette maladresse, elle eût vécu cent ans comme ses pareilles !… »

À cet instant, un ordre se fit entendre.