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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/193

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Mais cet espoir ne serait-il pas déçu ?… Ces nuages ne se dissiperaient-ils pas avec les derniers rayons du soleil !… Harry Markel en viendrait-il donc à se servir de ses embarcations pour gagner la haute mer ?…

Cependant, abrités sous la tente de la dunette, les jeunes garçons suivaient le mouvement qui s’effectuait à l’entrée du canal de Saint-George. Non seulement montaient et descendaient des steamers, les uns vers l’Atlantique, les autres vers les parages de l’Irlande, mais plusieurs voiliers se faisaient remorquer par les tugs de Queenstown.

Ah ! si Harry Markel l’eût osé, il aurait hélé un de ces tugs ; il aurait traité pour être conduit au large, et il eût payé d’un bon prix son remorquage !…

Tony Renault proposa même d’employer ce moyen. À cinq ou six milles plus à l’ouvert du canal, n’était-on pas assuré de rencontrer les brises du large ?…

À cette proposition, Harry Markel opposa un refus catégorique, et d’un ton sec qui ne laissa pas de surprendre. Après tout, un capitaine sait ce qu’il doit faire : il ne demande l’avis de personne.

En effet, Harry Markel, quelque intérêt qu’il eût à s’éloigner d’une côte si dangereuse