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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/184

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Le soleil débordait alors de l’horizon, au large du canal de Saint-George, au milieu d’une buée de vapeurs chaudes. Ces brumes se dissipèrent presque aussitôt, et la mer étincela sous les premiers rayons de cette matinée.

À sept heures, Harry Markel, ouvrant la porte de sa cabine, rencontra M. Patterson, qui sortait de la sienne. Il y mit, d’une part, un aimable bonjour, formulé dans les termes les meilleurs, et, de l’autre, une simple inclination de tête.

Le mentor monta sur la dunette, où il trouva tout son monde.

« Eh bien ! jeunes lauréats, déclama-t-il, est-ce aujourd’hui que nous allons labourer de notre proue ardente l’immensité liquide ?…

— Je crains plutôt que nous ne perdions encore cette journée, monsieur Patterson… répondit Roger Hinsdale, en montrant cette mer calme que la longue houle gonflait à peine.

— Alors, le soir venu, diem perdidi, pourrai-je m’écrier comme Titus…

— Sans doute, répliqua Louis Clodion ; mais c’était parce que Titus n’avait pu faire le bien, et nous, ce sera parce que nous n’aurons pu partir ! »